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Yoki
(huile, aquarelle)
ainsi que
Julia Huber Abate
(ciment, plâtre et bronze)
Du 12 mars au 3 avril 2011,
Vernissage le samedi 12 mars 2011 dès 17h30
Le
carton de l'exposition est disponible ici.
Yoki , fils
d’Emile Aebischer dont il héritera le prénom, et de
Clotilde, née Gauthier, vient au monde à Romont le 21
février 1922. De son père, sellier–tapissier
singinois, il a appris le sens du travail bien fait ; de sa
mère, fille de commerçant fromager, il reçoit en
héritage le sens des relations humaines. Fils
espéré, Yoki est entouré de deux sœurs
autour de son berceau. Il sera cajolé par les deux sœurs
aînées, deux sœurs cadettes et une cousine devenue
fille adoptive. La maladie de sa mère et l’incertitude du
temps émeuvent le médecin de famille qui s’exclame,
en examinant le nouveau-né : « mon pauvre
yokely » ! Avec une petite contraction, Yoki avait
trouvé son nom d’artiste.
Après ses
classes primaires et trois ans d’études littéraires
au Pensionnat Saint-Charles à Romont, Yoki est
émancipé à l’âge de 14 ans. Temps
assez long pour se faire des amis pour la vie, les Fasel, Pugin et
consorts, mais trop court pour éponger sa soif de connaissances.
La faillite de la boutique paternelle raccourcit l’adolescence de
Yoki et de ses sœurs, obligés de gagner
prématurément leur vie, dans la capitale
fédérale. En 1936, Yoki est engagé comme
garçon-livreur à bicyclette et apprenti pâtissier.
Le stage sera court mais il permit à Yoki de faire ses
premières expériences artistiques… en
décorant des tourtes. Yoki apprend ensuite les secrets de la
fabrication du verre à l’Electroverre de Romont.
Après avoir vu quelques dessins et pochades du jeune romontois,
le célèbre architecte, Fernand Dumas, l’engage dans
son atelier pour lui apprendre les rudiments de l’architecture.
Verre et architecture : les deux fondamentaux de son futur
métier. Yoki collabore à l’élaboration des
plans de la future université de Fribourg à
Miséricorde. Mais il rencontre surtout dans l’entourage de
Dumas, les artistes de la société St Luc : les
Cingria, Severini, Beretta. C’est l’étincelle qui va
enflammer la carrière du futur peintre verrier. En
l’espace d’une cinquantaine d’années, Yoki va
créer plus de mille vitraux, en Romandie, en Suisse allemande,
en France, en Angleterre où il rencontrera sa future
épouse, en Italie, en Allemagne, en Israël et même en
Afrique.

Son
intérêt pour autrui, sa curiosité et sa gentillesse
lui permettent de séduire artistes et collectionneurs. Il fait
ainsi la connaissance de Madame Hedy Hahnloser qui
l’hébergera. Ainsi le jeune artiste aura sous les yeux,
dans les appartements de Winterthur, des toiles des maîtres de
l’impressionnisme, de Cézanne, des nabis Bonnard et
Vuillard. Sa vie durant, il sera influencé par ces derniers
reflets d’un art du bonheur de vivre. Yoki aura aussi la chance
d’être reçu dans l’atelier zurichois de
Germaine Richier pour l’étude de modèles vivants.
Dès la fin de la guerre, Yoki réside deux ans à
Paris où il fréquente l’atelier
d’André Lhote, peintre cubiste, à La Grande
Chaumière, en compagnie d’un autre peintre firbourgeois,
Bernard Schorderet.
Un accident sur un
chantier d’une Eglise d’Angleterre où il peint le
plafond oblige Yoki à un séjour de convalescence. Dans la
famille de catholiques irlandais qui l’héberge, il fait la
connaissance de l’aînée des filles, Joan
O’Boyle qu’il épouse avant de
l’entraîner avec lui en Suisse. De cette union heureuse
naîtra un fils, Patrick, président en exercice de
l’EPFL. Patrick et son épouse Nicole donneront à
Yoki et Joan deux petits enfants, Oriane et Stéphane qui
apportent joie et réconfort à la vieillesse des grands
parents.
Dans les années
septante, Yoki installe un atelier au Moulin de Courtaney pour y
poursuivre son œuvre. Le tableau de chevalet le dispute alors
à l’art monumental. La pratique, plus intimiste, de
l’aquarelle et de la peinture à l’huile finit par
l’emporter. Yoki se révèle alors comme un peintre
radieux, révélateur des fondamentaux du paysage
fribourgeois. Il expose chez Vallotton et dans de nombreuses autres
galeries du pays romand. Son succès est ininterrompu.
Au soir de sa vie, il
peut regarder le travail accompli avec la sérénité
de l’artisan. Cela est d’autant plus précieux que sa
santé se trouve quelque peu altérée et qu’il
vient de perdre son épouse très aimée.
d.r.
10.07.2010
Pour en savoir
plus :
Trois livres ont paru sur Yoki et son œuvre.
. Georges Borgeaud, Yoki, Fribourg, Musée d’art et
d’histoire, 1978. Livre publié à l’occasion
d’une grande exposition rétrospective. Le livre contient
des notices biographiques, le catalogue des expositions et des
œuvres intégrées à l’architecture.
. Jean Roudaut, Yoki, Fribourg, éd. Martin Michel, 1987. Ce
livre paru, à l’occasion d’une autre grande
exposition au MAHF, dans la collection « Peintres
fribourgeois », contient aussi des articles de presse
relatant les premières expositions, des notes biographiques, la
liste des expositions et le catalogue des vitraux et autres
créations récentes.
. Philippe Baud, Yoki un demi-siècle de vitrail. Un monde de
lumière, Saint-Maurice, éd. Saint Augustin, 2001. Photos
de Jean-Claude Mora.

Julia Huber-Abate:
Ce que je cherche à atteindre à travers mon travail,
dès le début, est de réussir à
“saisir” l’être, cet accord parfait
composé de désaccords et de liberté -
réussir à “toucher” à sa
complicité qu’il entretient avec l’entourage, donner
“corps” à la fragmentation de la forme en termes
d’espace et de lumière. Cette volonté est encore
aujourd’hui un moteur
fondamental dans mon travail.
De plus en plus ma recherche tend à se concentrer principalement
sur cette subtile relation provoquée par l’interaction
dynamique de l’être humain avec ce qui l’entoure et
vice-versa. Capter une personne dans un clin d’œil de
“vérité” m’était primordial.
Aujourd’hui cette volonté y est toujours, mais s’est
élargie et pourrait s’exprimer par le désir de
saisir l’être “en situation”,
c’est-à-dire l’ambiance, l’atmosphère
d’une personne et du lieu où elle se trouve avec tout ce
qui a été, qui sera un jour, ou qui a lieu à cet
instant précis.
L’attachement qui nous lie d’une façon ou
d’une autre à certains endroits, cette sorte de
“chevauchement”, de superposition” voire même
de tissage qui se crée et se renouvelle constamment et à
chaque fois que “les choses” se croisent.. me fascinent.

Julia Huber est
née le premier mai
1979 à Fribourg. Après sa formation à
l’Accademia di Belle Arti di
Firenze (2000 – ‘05), s’ensuit un long
séjour à Berlin. Actuellement Julia Huber vit et
travaille en tant que sculpteur et enseignante dans sa ville
natale.
Parmi ses expositions
en suisse et à l’étranger:
-
Exposition
collective
Samuel Rey - Yoki - Julia Huber au Musée Singinois
(Senslermuseum) à
Fribourg ‘07
-
Gruppenausstellung
au Happenstudio à Berlin
-
Performance avec
l’artiste italo –américaine Vanessa Beecroft,
Florence ‘04
-
Exposition
collective Inchiostro, Accademia di Belle Arti à Florence.
Prix et diplômes
-
Lauréate et
premier prix du concours prix spécial de sculpture – Borsa
di studio Raffaello Franchi e Italo Griselli – à
l’Académie des Beaux
Arts de Florence.
-
Premier prix du
concours de peinture Isabella Droz Estavayer- le- lac 2006).
-
En 2007 elle
obtient le Diplom für das Lehramt für Bildende Kunst à
Bâle (Pädagogische Hochschule fhnw).

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