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Walter Mafli
(huiles et craies)
Du 6 février au 28 février 2010
Vernissage le samedi 6 février dès 17h00
Le
carton de l'exposition est disponible ici.
Walter
Mafli est né le 10 mai 1915 à Rebstein dans le canton de
Saint-Gall. Très tôt, il est placé en orphelinat et
y passera son enfance et son adolescence. Un professeur de dessin
remarque son talent et lui en fait prendre conscience. Orphelin, Walter
Mafli n’a toutefois pas la possibilité de poursuivre ses
études. Contraint de gagner sa vie le plus tôt possible,
il entreprend un apprentissage de poêlier-fumiste puis de
carreleur.
En 1934, il s’installe à Neuchâtel où il
fréquente les peintres Edouard Galli, Max Theynet, les
frères Barraud, Octave Matthey et L’Eplattenier. Il
profite de leur enseignement en les accompagnants pour peindre dans la
nature. Il participe à une première exposition collective
en 1943 au Casino d’Yverdon. En 1944, il suit des cours à
l’Ecole cantonale de dessin de Lausanne, puis fait de longs
séjours à Paris, où il découvre l’art
abstrait de l’après-guerre. Dès lors, les
expositions individuelles dans diverses galeries en suisse-romande
s’enchaînent et il reçoit, en 1958, le premier Prix
de peinture abstraite décerné par la Galerie Kasper,
située alors à Lausanne. En 1959, la même galerie
lui octroie le Prix suisse de la peinture abstraite.
Malgré cette reconnaissance, ce n’est que vers 1980 que
Walter Mafli obtiendra la consécration d’un plus large
public. On peut alors parler d’une véritable «
success story ». Ses toiles ne cessent d’attirer des
acheteurs mesurant alors la valeur de sa cote. Il entre dans de
très grandes collections privées et publiques.
En 2002, il crée la Fondation « Les Enfants de Mafli
» dont l’objectif est d’aider les adolescents,
motivés mais désargentés, à mener à
bien des études ou un projet professionnel.
La singularité du parcours de Walter Mafli est d’avoir
longtemps mené de pair une carrière d’artisan
carreleur et son activité artistique. Loin des modes, il
s’est essayé à tous les styles, de l’abstrait
au figuratif. La nature reste sa principale source d’inspiration,
ses thèmes favoris, le lac, le vignoble et la campagne,
qu’il transpose sur la toile avec des couleurs
déposées le plus souvent à la spatule et au
couteau par couches successives, accrochant ainsi la lumière et
donnant profondeur et relief au sujet..La « patte Mafli »
est ainsi aisément reconnaissable. Peinture fendillée
évoquant le crépissage et rappelant l’ancien
ouvrier qu’il fut. On sent encore l’évocation de son
travail de carreleur dans ses compositions abstraites faites de
juxtaposition d’un même motif, esthétisme graphique
construit, jouant avec les formes et la composition du sujet pour
tendre à l’épure
jusqu’à ne devenir que surfaces monochromes vidées de tout accident, de toute trace formelle.
Walter Mafli l’affirme : le choix de l’abstraction est une
affirmation contre tout ce qui entrave la liberté. Et de
liberté, Walter Mafli en a cruellement manqué dans son
enfance. Alors il s’est rattrapé. Et à 94 ans,
malgré les écorchures, c’est son humour, sa
gentillesse, sa générosité, son énergie et
sa vitalité qui font de lui un éternel jeune homme
passionné par la peinture et tous ses styles.
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